{"id":5448,"date":"2025-05-05T17:37:45","date_gmt":"2025-05-05T15:37:45","guid":{"rendered":"https:\/\/scenesennord.com\/dp78842-ovh\/?post_type=event&#038;p=5448"},"modified":"2025-05-05T17:37:46","modified_gmt":"2025-05-05T15:37:46","slug":"roland-tchakounte","status":"publish","type":"event","link":"https:\/\/scenesennord.com\/dp78842-ovh\/index.php\/event\/roland-tchakounte\/","title":{"rendered":"ROLAND TCHAKOUNT\u00c9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\">Pour des raisons \u00e9videntes qui tiennent au statut de mal aim\u00e9 propre au Premier Continent, l\u2019esprit du blues a trouv\u00e9 un \u00e9cho particuli\u00e8rement fort en Afrique o\u00f9 vie rime trop souvent avec trag\u00e9die. \u00ab\u00a0Ce que je chante dans mes chansons rel\u00e8ve de la m\u00eame histoire que celle des pionniers du blues. J\u2019\u00e9cris et je chante pour noyer le sentiment d\u2019amertume que m\u2019inspire l\u2019existence\u00a0\u00bb, reconna\u00eet Roland.<br>Son nouvel album, \u00ab\u00a0Blues Menessen\u00a0\u00bb, ne dit pas autre chose. En y exorcisant ses frustrations, Tchakount\u00e9 marche sur les traces des premiers bluesmen qui soignaient leur vague \u00e0 l\u2019\u00e2me en le mettant en musique, forts de la certitude que seul le blues est \u00e0 m\u00eame de gu\u00e9rir du blues.<br><br>\u00ab\u00a0La musique de Roland Tchakount\u00e9 s\u2019ouvre sur d\u2019autres horizons et se m\u00e9tisse\u2026 infiniment plus personnelle. Elle touche aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019intime\u2026 Cet album s\u2019ouvre pour la premi\u00e8re fois au jazz avec les ambiances, tour \u00e0 tour tendres ou festives, graves mais jamais sombres.\u00a0\u00bb<br><strong>Jazz Magazine \u2013 Et\u00e9 2010<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Roland Tchakount\u00e9 a remis une grosse dose de blues dans sa musique et le chaud m\u00e9lange de couleurs et de saveurs marche tr\u00e8s fort sur son nouveau disque\u2026 sa voix y est magnifique de pr\u00e9sence\u2026\u00a0\u00bb<br><strong>Soul bag \u2013 Et\u00e9 2010<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Roland Tchakount\u00e9 a perc\u00e9 le secret de la note bleue\u2026 sans doute parce qu\u2019il a su rester lui-m\u00eame, lui qui chante en bamil\u00e9k\u00e9 ou en pidjin, cr\u00e9ant une musique qui porte la trace de son enfance africaine et de ses amours am\u00e9ricaines. A v\u00e9rifier sur son nouvel album, l\u2019excellent Blues Menessen\u00a0\u00bb<br><strong>Le Nouvel Observateur \u2013 Juin 2010<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Dans la lign\u00e9e des pionniers du blues, le Camerounais chante les peines de l\u2019homme noir. Un vaste programme appliqu\u00e9 dans \u00ab\u00a0Blues Menessen\u00a0\u00bb, s\u00e9duisante galette sombre ralliant les deux c\u00f4tes de l\u2019Atlantique.\u00a0\u00bb<br><strong>World Sound \u2013 Mai 2010<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Roland Tchakount\u00e9 fait vibrer l\u2019air du blues depuis qu\u2019il a quitt\u00e9 son Cameroun natal. M\u00e9langeant le blues acoustique avec sa langue, le bamil\u00e9k\u00e9, entour\u00e9 de deux musiciens plus que complices, le troubadour noir esquisse depuis deux albums cette dimension exceptionnelle que repr\u00e9sente ce blues aux accents africains.\u00a0\u00bb<br><strong>X-Roads \u2013 Mai 2010<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Foin de la virtuosit\u00e9 gratuite et de la dext\u00e9rit\u00e9 tape \u00e0 l\u2019\u0153il, voil\u00e0 un musicien camerounais qui vient nous dire avec beaucoup de talent (et en langue bamil\u00e9k\u00e9) que le blues est avant tout une affaire de sentiment.\u00a0\u00bb<br><strong>So Jazz \u2013 Mai 2010 (SO GOOD)<\/strong><br><br>\u00ab\u00a0Du Cameroun aux Etats-Unis, il n\u2019y a qu\u2019un pas. Le bluesman Roland Tchakount\u00e9 en apporte une nouvelle fois la preuve avec \u00ab\u00a0Blues Menessen\u00a0\u00bb\u2026 Reconnu par ses pairs d\u2019outre-Atlantique, ce dernier n\u2019a rien \u00e0 prouver\u2026\u00a0\u00bb<br><strong>World Sound \u2013 Mai Juin 2010<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div data-block-name=\"woocommerce\/filter-wrapper\" data-filter-type=\"stock-filter\" data-heading=\"Filtrer par \u00e9tat de stock\" class=\"wp-block-woocommerce-filter-wrapper\">\n<div data-block-name=\"woocommerce\/stock-filter\" data-heading=\"\" data-lock=\"{&quot;remove&quot;:true}\" class=\"wp-block-woocommerce-stock-filter is-loading\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>BIOGRAPHIE COMPLETE<\/strong> <\/summary><div >\n        <div class=\" plethoraplugins-tabs-container plethoraplugins-tabs-container--horizontal plethoraplugins-theme__minimal plethoraplugins-theme__basic \" \n\t\t\tdata-pds-tabs--layout=\"horizontal\"  \n\t\t\tdata-pds-tabs--theme=\"basic\"  \n\t\t\tdata-pds-tabs--mobile-breakpoint-forced=\"\"\n\t\t\t data-pds-tabs--responsive=\"accordion\" \n\t\t\t\t\t data-pds-tabs--responsive-accordion-collapsed-initially=\"false\" data-pds-tabs--accordion-icon-type=\"\" data-pds-tabs--accordion-icon=\"true\"  data-pds-tabs--accordion-icon-size=\"\"  data-pds-tabs--accordion-heading-level=\"h3\" data-pds-tabs--accordion-auto-close=\"true\" >\n            <div class=\"plethoraplugins-tabs\"  >\n              <ul><li>\n                        <a \n                                href=\"#\"\n                                class=\" active\" \n                            >\n                            <span><strong>ROLAND TCHAKOUNT\u00c9 <\/strong><\/span>\n                        <\/a>\n                    <\/li><\/ul>\n            <\/div>\n            <div class=\"plethoraplugins-tabs--content\" >\n                \n<div class=\"\"  data-pds-tabs--accordion-initially-open=\"false\" >\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour faire rire Roland \u2014 n\u00e9 dans les ann\u00e9es 60 \u00e0 Douala, la plus grande ville du Cameroun \u2014 il suffit de lui dire qu\u2019il a l\u2019allure d\u2019un jeune homme. \u00ab&nbsp;Un jeune homme, moi&nbsp;? Pas encore&nbsp;\u00bb, dit-il avec l\u2019humour caustique qui le caract\u00e9rise. \u00ab&nbsp;En Afrique, on a tendance \u00e0 faire les choses \u00e0 l\u2019envers. Chez nous, on consid\u00e8re qu\u2019il faut toute une vie pour m\u00e9riter la jeunesse.&nbsp;\u00bb<br><br>Les puristes estiment que l\u2019esprit de contradiction de Roland ne se limite pas \u00e0 sa conception de la jeunesse, jugeant qu\u2019il use \u00e0 tort de l\u2019appellation de bluesman. C\u2019est vrai, Douala n\u2019est pas la banlieue de Memphis, et malgr\u00e9 l\u2019importance de ses racines africaines, le blues est am\u00e9ricain par excellence, n\u00e9 de la collision dramatique de trois mondes sur les d\u00e9combres du triangle vicieux de la traite n\u00e9gri\u00e8re.<br><br>Le blues n\u2019en poss\u00e8de pas moins une \u00e2me vagabonde, et il aura pass\u00e9 son premier si\u00e8cle d\u2019existence \u00e0 s\u2019\u00e9manciper du Vieux Sud qui l\u2019a vu na\u00eetre, envahissant dans un premier temps le Midwest et la c\u00f4te pacifique avant de partir \u00e0 la conqu\u00eate du reste de la plan\u00e8te. Pour des raisons \u00e9videntes qui tiennent au statut de mal aim\u00e9 propre au Premier Continent, l\u2019esprit du blues a trouv\u00e9 un \u00e9cho particuli\u00e8rement fort en Afrique o\u00f9 vie rime trop souvent avec trag\u00e9die. \u00ab&nbsp;Ce que je chante dans mes chansons rel\u00e8ve de la m\u00eame histoire que celle des pionniers du blues. J\u2019\u00e9cris et je chante pour noyer le sentiment d\u2019amertume que m\u2019inspire l\u2019existence&nbsp;\u00bb, reconna\u00eet Roland.<br><br>Son nouvel album, \u00ab&nbsp;Blues Menessen&nbsp;\u00bb, ne dit pas autre chose. En y exorcisant ses frustrations, Tchakount\u00e9 marche sur les traces des premiers bluesmen qui soignaient leur vague \u00e0 l\u2019\u00e2me en le mettant en musique, forts de la certitude que seul le blues est \u00e0 m\u00eame de gu\u00e9rir du blues.<br><br>Dans le cas de Roland, cette immunisation spirituelle est le fruit d\u2019un long processus entam\u00e9 \u00e0 Douala o\u00f9 il est n\u00e9 de parents pauvres chass\u00e9s par l\u2019exode rural. \u00ab&nbsp;Mon p\u00e8re parlait peu de son pass\u00e9&nbsp;\u00bb, se souvient Roland, a\u00een\u00e9, et seul gar\u00e7on, d\u2019une fratrie de huit enfants. \u00ab&nbsp;Ceux qui s\u2019exilent ont tendance \u00e0 rompre avec leur pass\u00e9, \u00e0 vouloir l\u2019oblit\u00e9rer. Je comprends d\u2019autant mieux la r\u00e9action de mon p\u00e8re que je ne parle jamais du Cameroun \u00e0 mes enfants. J\u2019ai gard\u00e9 des souvenirs trop p\u00e9nibles de mon enfance.&nbsp;\u00bb<br><br>Marchands de tissu, les Tchakount\u00e9 ont tout perdu lorsque leur boutique de fortune a pris feu un soir. Roland se souvient que plus rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 pareil par la suite, ses parents se montrant incapables de surmonter un d\u00e9sastre qui r\u00e9duisait \u00e0 n\u00e9ant leur instinct de survie. \u00ab&nbsp;Quand j\u2019avais dix ans, on nous a r\u00e9veill\u00e9s une nuit pour nous dire que la boutique de mon p\u00e8re avait br\u00fbl\u00e9. Comme la plupart des gens dans le milieu des commer\u00e7ants modestes, mes parents n\u2019avaient pas de compte en banque, ils gardaient toutes leurs \u00e9conomies dans une cachette et leur argent a br\u00fbl\u00e9 avec tout le reste. Ils n\u2019ont jamais trouv\u00e9 la force de s\u2019en sortir apr\u00e8s \u00e7a.&nbsp;\u00bb<br><br>Les souvenirs les plus cuisants de Roland ne sont pas li\u00e9s \u00e0 la pauvret\u00e9, mais \u00e0 l\u2019humiliation de voir ses parents implorer amis, voisins et connaissances dans l\u2019espoir qu\u2019ils puissent aider l\u2019un ou l\u2019autre de leurs enfants. Tout au long d\u2019une adolescence marqu\u00e9e par un sentiment de col\u00e8re rentr\u00e9e, Roland ne pense qu\u2019au jour o\u00f9 il pourra quitter son pays. \u00ab&nbsp;Je disais toujours que je pr\u00e9f\u00e9rerais \u00eatre en prison en France que libre au Cameroun. J\u2019avais un cousin qui tentait de me dissuader en disant que la France \u00e9tait un pays froid, et je ne parle pas uniquement du climat, mais je refusais de me laisser mourir au Cameroun.&nbsp;\u00bb<br><br>Il faut attendre 1989 pour que Roland trouve le moyen d\u2019\u00e9migrer en France, apr\u00e8s des ann\u00e9es de gal\u00e8re pass\u00e9es \u00e0 trouver suffisamment d\u2019argent pour tenter l\u2019aventure \u00e0 bord de l\u2019une de ces barques de p\u00eache surcharg\u00e9es qui quittent les c\u00f4tes de Nig\u00e9ria et parviennent rarement \u00e0 destination. \u00ab&nbsp;Je ne savais pas nager et on \u00e9tait cinquante dans un bateau ridicule, mais \u00e7a n\u2019avait pas d\u2019importance. Ceux qui trouvent ridicule de risquer sa vie de cette fa\u00e7on ne savent pas de quoi ils parlent. On risque notre vie parce que la vie qu\u2019on laisse derri\u00e8re nous n\u2019est pas une vie. Je savais d\u2019avance que la mort sociale m\u2019attendait si je restais, alors la mort physique ne me faisait pas peur. Je ne suis pas mort en tentant le voyage, mais tout le monde n\u2019a pas cette chance. Un de mes amis a perdu la vie en voulant s\u2019enfuir de cette fa\u00e7on-l\u00e0. Une fois en mer, les passeurs ont demand\u00e9 un suppl\u00e9ment \u00e0 ceux qu\u2019ils convoyaient. Mon ami n\u2019avait pas les moyens de payer, alors les passeurs l\u2019ont jet\u00e9 par-dessus bord.&nbsp;\u00bb<br><br>La propre aventure en bateau de Roland ayant tourn\u00e9 court \u00e0 moindre frais, il parvient \u00e0 se procurer un visa et c\u2019est en avion qu\u2019il d\u00e9barque \u00e0 Paris. Le temps de passer quelques mois \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Jussieu, Roland monte une entreprise commerciale \u00e0 force de d\u00e9brouillardise et fait la connaissance de celle qui partage sa vie depuis vingt ans&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai pass\u00e9 un pacte avec elle&nbsp;: je lui ai promis de ne jamais lui faire prendre de risque au plan familial et d\u2019assurer le quotidien. En contrepartie, elle me laisse libre de mener ma carri\u00e8re musicale.&nbsp;\u00bb<br><br>Fid\u00e8le \u00e0 sa parole, Tchakount\u00e9 m\u00e8ne depuis une double existence en conciliant vie de famille et passion musicale avec l\u2019adresse d\u2019un \u00e9quilibriste. \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai jamais envisag\u00e9 la musique comme un m\u00e9tier. En Afrique, la musique est un art de vivre, elle tient du sacr\u00e9. Je la porte en moi depuis l\u2019enfance, elle participe de la nourriture de l\u2019\u00e2me.&nbsp;\u00bb Outre les berceuses que lui chantaient ses tantes dans son enfance, Roland reste marqu\u00e9 par les chants des Peuls, ces peuplades nomades originaires du Sahel qui traversent l\u2019Afrique jusqu\u2019au Cameroun \u00e0 la t\u00eate de leurs troupeaux.<br><br>L\u2019envie de jouer lui est venue par hasard, le jour o\u00f9 un copain que ses parents souhaitaient assagir au prix d\u2019une guitare acoustique en a fait don \u00e0 Roland. En fin de compte, c\u2019est la soif d\u2019expression de ce dernier que l\u2019instrument aura \u00e9tanch\u00e9. Moins d\u2019un an plus tard, Roland dirige sa propre formation \u00e0 New Bell, un quartier populaire de Douala tristement c\u00e9l\u00e8bre pour sa prison et son taux de criminalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9. En plus de Jimi Hendrix, dont la version de Hey Joe lui d\u00e9voile les trois accords constitutifs du blues, Roland s\u2019int\u00e9resse \u00e0 James Brown et Wilson Pickett, les g\u00e9ants de la soul dont les disques r\u00e8gnent sur les ondes du Cameroun \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<br><br>D\u00e8s son installation \u00e0 Paris, Roland monte un groupe dont le r\u00e9pertoire, entre soul et rock, doit plus \u00e0 Bruce Springsteen qu\u2019\u00e0 Son House. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il enregistre en 1990 son premier album, \u00ab&nbsp;Bred BouhShuga Blues&nbsp;\u00bb. Jusqu\u2019\u00e0 la fin de la d\u00e9cennie, l\u2019orchestre \u00e9lectrique de Tchakount\u00e9 tourne r\u00e9guli\u00e8rement, faisant m\u00eame une apparition remarqu\u00e9e au festival Blues-sur-Seine \u00e0 l\u2019invitation de Jean Guillermo, mais Roland reste \u00e0 la recherche de son v\u00e9ritable destin musical. Il ne le d\u00e9couvre qu\u2019en 2002 lorsqu\u2019il entend par hasard un enregistrement du Crawling King Snake de John Lee Hooker dans le rayon CD d\u2019un supermarch\u00e9.<br><br>Les ballades et les complaintes peuls de son enfance surgissent instantan\u00e9ment dans sa m\u00e9moire et la v\u00e9ritable signification du mot \u00ab&nbsp;blues&nbsp;\u00bb s\u2019impose brutalement \u00e0 lui, telle une \u00e9vidence&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il y avait le mot blues dans le titre de mon premier album et je connaissais les disques de gens comme B.B. King, Buddy Guy ou Albert Collins, mais leur musique ne me parlait pas vraiment. Quand j\u2019\u00e9tais gamin au Cameroun, le terme Blues ne d\u00e9signait d\u2019ailleurs pas les douze mesures, c\u2019\u00e9tait une appellation g\u00e9n\u00e9rique pour le slow, dans les bals. La d\u00e9couverte de John Lee Hooker m\u2019a fait l\u2019effet d\u2019une r\u00e9v\u00e9lation. J\u2019ai m\u00eame cru qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un musicien africain qui avait am\u00e9ricanis\u00e9 son nom. Sa fa\u00e7on de d\u00e9structurer ses chansons, sa spontan\u00e9it\u00e9, l\u2019\u00e9nergie de son style presque sauvage, le fait qu\u2019il ne triche pas, autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ont modifi\u00e9 tr\u00e8s profond\u00e9ment ma perception de la musique en donnant un sens \u00e0 la d\u00e9marche artistique que j\u2019entrevoyais sans oser la vivre.&nbsp;\u00bb<br><br>L\u2019exemple du chanteur et guitariste malien Ali Farka Tour\u00e9 avait d\u00e9j\u00e0 pouss\u00e9 Roland \u00e0 chanter dans sa langue natale&nbsp;; le mariage du blues acoustique avec son dialecte bamil\u00e9k\u00e9 lui semble alors la conclusion naturelle de l\u2019\u00e9volution artistique qui est en train de l\u2019emporter. \u00ab&nbsp;Je chante en bamil\u00e9k\u00e9 parce que c\u2019est ma langue maternelle et que je m\u2019y sens \u00e0 l\u2019aise. Les mots me viennent naturellement lorsqu\u2019il s\u2019agit de traduire en chansons ma vision de la vie&nbsp;\u00bb, dit-il. Avec l\u2019approche instrumentale originale qu\u2019il met au point, l\u2019usage de cette langue subtile, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019un peuple dont l\u2019histoire remonte \u00e0 l\u2019\u00c9gypte ancienne, va grandement contribuer \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 de la d\u00e9marque de Roland.<br><br>Sa conversion en griot du blues ne trouve pourtant son aboutissement qu\u2019\u00e0 travers la rencontre avec les deux musiciens qui l\u2019accompagnent aujourd\u2019hui sur sc\u00e8ne. Mick Ravassat, un membre distingu\u00e9 du petit monde des guitaristes parisiens, s\u2019exprimait d\u00e9j\u00e0 au sein de diverses formations, notamment le Reverend Blues Gang, mais l\u2019id\u00e9e de parsemer de riffs \u00e9lectriques la trame acoustique d\u2019un bluesman camerounais le s\u00e9duit instantan\u00e9ment. \u00ab&nbsp;Le destin nous r\u00e9serve pas mal de surprises&nbsp;\u00bb, remarque Tchakount\u00e9. \u00ab&nbsp;Un copain m\u2019a invit\u00e9 un jour \u00e0 un concert dans un club. J\u2019\u00e9tais fatigu\u00e9 et je n\u2019avais pas vraiment le courage d\u2019y aller, mais mon copain a insist\u00e9 alors je lui ai promis de venir faire un tour. Je suis arriv\u00e9 au moment o\u00f9 Mick montait sur sc\u00e8ne et j\u2019ai d\u00e9couvert le joueur de slide dont je r\u00eavais pour mon nouveau projet. On s\u2019est appel\u00e9s le lendemain et il a accept\u00e9 de me rejoindre en moins de cinq minutes. Le feeling a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diat.&nbsp;\u00bb<br><br>Mick Ravassat \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, Tchakount\u00e9 concr\u00e9tise ses nouvelles ambitions avec l\u2019enregistrement de \u00ab&nbsp;Abango&nbsp;\u00bb. La sortie du disque, au d\u00e9but de 2005, se charge de lancer la machine. D\u00e8s le mois de juin, le duo traverse l\u2019Atlantique \u00e0 l\u2019invitation de l\u2019organisateur du Chicago Blues Festival, Barry Dolins, s\u00e9duit par un album atypique. Roland et Mick disposent d\u2019une demi-heure le vendredi, mais la r\u00e9action du public est suffisamment enthousiaste pour que Dolins, fait exceptionnel, les invite \u00e0 revenir le lendemain sur la grande sc\u00e8ne de ce qui est le plus grand festival de blues au monde&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c7a m\u2019a donn\u00e9 le coup de pouce que j\u2019attendais, par rapport \u00e0 moi-m\u00eame. Les gens faisaient la queue pour acheter mon album, j\u2019en avais les larmes aux yeux. Le fait de trouver un \u00e9cho dans la capitale du blues m\u2019a d\u00e9barrass\u00e9 du complexe que j\u2019avais par rapport aux ayatollahs qui me disaient que le blues, ce n\u2019\u00e9tait pas un musicien africain chantant en bamil\u00e9k\u00e9.&nbsp;\u00bb<br><br>De fil en aiguille, le nom de Roland Tchakount\u00e9 s\u2019impose rapidement sur le circuit du blues, de Montr\u00e9al \u00e0 Cognac. Tout en encha\u00eenant les concerts, il s\u2019aper\u00e7oit que lui font encore d\u00e9faut certaines couleurs rythmiques&nbsp;; sur la suggestion de Ravassat, il entre en contact avec le percussionniste Mathias Bernheim. Venus d\u2019horizons tr\u00e8s divers tels que le Br\u00e9sil, le Maroc ou les Balkans, tous ceux qui ont travaill\u00e9 avec ce musicien pour musiciens c\u00e9l\u00e8brent la d\u00e9licatesse et l\u2019intelligence de son jeu, mais le travail tout en finesse de Mathias prend toute sa dimension avec Roland et Mick.<br><br>L\u2019album suivant est r\u00e9alis\u00e9 au moment pr\u00e9cis o\u00f9 le duo se m\u00e9tamorphose en trio. \u00ab&nbsp;Waka&nbsp;\u00bb, publi\u00e9 au d\u00e9but de 2008, met en lumi\u00e8re les racines africaines de Roland que viennent enrichir les enluminures bluesy de Mick et la trame rythmique tiss\u00e9e par Mathias. Cet \u00e9clectisme fournit enfin \u00e0 Roland l\u2019\u00e9quilibre qu\u2019il recherchait&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si j\u2019avais voulu des musiciens africains, il me suffisait d\u2019aller \u00e0 Montreuil. Mais je les voulais eux, avec leur personnalit\u00e9. La force de Mathias, c\u2019est justement de ne pas jouer \u00e0 l\u2019africaine, mais d\u2019apporter son originalit\u00e9 en \u00e9tant lui-m\u00eame. M\u00eame chose avec Mick.&nbsp;\u00bb<br><br>Roland est dou\u00e9 d\u2019un atout majeur, celui de provoquer le meilleur chez les autres. Si la direction artistique du trio lui revient, il veille \u00e0 ce que Mick et Mathias puissent respirer et s\u2019exprimer librement, sur sc\u00e8ne comme en studio. Cette harmonie est manifeste tout au long de ce qui est \u00e0 ce jour l\u2019album le plus abouti du trio, \u00ab&nbsp;Blues Menessen&nbsp;\u00bb. \u00c0 mesure qu\u2019il explore les couloirs sombres de sa propre existence, Roland s\u2019interroge une nouvelle fois sur la nature humaine&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne comprendrai jamais l\u2019utilit\u00e9 de la souffrance dans la vie d\u2019un \u00eatre humain. Je n\u2019accepterai jamais que le bonheur se limite \u00e0 quelques instants vol\u00e9s pour la majorit\u00e9 des gens.&nbsp;\u00bb<br><br>\u00c0 l\u2019image de la fleur de lotus puisant sa beaut\u00e9 dans la boue, le blues trouve ses racines dans l\u2019horreur de l\u2019esclavage. La musique de Roland, fruit d\u2019une alchimie comparable, est un cri sacr\u00e9 n\u00e9 d\u2019un profond d\u00e9sir de croire en l\u2019Homme, en d\u00e9pit de tout. En luttant avec ses textes contre l\u2019amertume qui le maintient souvent \u00e9veill\u00e9 la nuit, Tchakount\u00e9 nous apporte la preuve qu\u2019il est, par essence, un bluesman. (Sebastian Danchin)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n<\/div>\n\n            <\/div>\n        <\/div>\n        \n    <\/div><\/details>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify wp-block-paragraph\"><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"682\" height=\"1024\" data-id=\"5450\" src=\"https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-682x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5450\" srcset=\"https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-682x1024.jpg 682w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-200x300.jpg 200w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-768x1154.jpg 768w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-1022x1536.jpg 1022w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-1363x2048.jpg 1363w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-600x901.jpg 600w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/Deuxieme-shooting-paris-141-scaled.jpg 1704w\" sizes=\"(max-width: 682px) 100vw, 682px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" width=\"685\" height=\"1024\" data-id=\"5449\" src=\"https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-685x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5449\" srcset=\"https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-685x1024.jpg 685w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-201x300.jpg 201w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-768x1147.jpg 768w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-1028x1536.jpg 1028w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-1371x2048.jpg 1371w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI-600x896.jpg 600w, https:\/\/scenesennord.com\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/PHOTO-300DPI.jpg 1423w\" sizes=\"(max-width: 685px) 100vw, 685px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-cover is-style-editorskit-rounded\" style=\"min-height:134px;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim-100 has-background-dim\" style=\"background-color:#1f89e5\"><\/span><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-white-color has-text-color has-large-font-size wp-block-paragraph\">BILLETTERIE<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<iframe id=\"haWidget\" allowtransparency=\"true\" scrolling=\"auto\" src=\"https:\/\/www.helloasso.com\/associations\/cultures-nouvelles\/evenements\/vendredi-06-06-25-20h30-roland-tchakounte-salle-looten-bergues\/widget\" style=\"width: 100%; height: 750px; border: none;\"><\/iframe>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La musique de Roland Tchakount\u00e9 s\u2019ouvre sur d\u2019autres horizons et se m\u00e9tisse\u2026 infiniment plus personnelle. 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